Soirée de décembre – Noël

Auchroisk 22 ans Orcines 48%

La distillerie Auchroisk a été fondée en 1974, elle est moderne tant que le plan architecturale que dans la gestion des ressources, elle est labellisée HVE. Elle fut créée pour produire des blend, notamment pour J&B

Cette cuvée a été viellie en ex-fût de Bourbon Hogshead de 2e remplissage afin de mettre en avant le caractère de la distillerie plutôt que celui du fût.

Orcines est la marque d’un embouteilleur indépendant français, le fils du fondateur de la boutique lyonnaise Whisky Lodge. Elle tire son nom du village dont est originaire la famille. Ses sélections ont pour but de mettre en avant les distillats plutôt que les élevages. Les profils obtenus sont fins, délicats, épurés. Les bouteilles ont des étiquettes en tissu qui ont obtenu des prix dans le monde du design.

Nez : frais, délicat, élégant, frais, notes fleurs blanches, végétales, graine de coriandre, cumin, poire, raisin, poivre

Bouche : fraîche, délicate, notes de fruits blancs, raisin, poivre

Finale : fluide, délicate, notes de poivre, bois mouillé, malt, noix – Belle cohérence et continuité

Cambus 26 ans single grain James Eadie 55,4%

La distillerie Cambus fut fondée en 1836 et fermée en 1993. Il s’agissait d’une distillerie de grain uniquement, utilisant un alambic à colonne. Cette cuvée a été vieillie en ex-fût d’Oloroso, elle fut sélectionnée par mettre en avant le travail du maître de chai.

Nez : intense, rond, gourmand, très complexe, notes de griottes à l’aclool, caramel, toffee, fruits confits, fruits secs, oxydatif, rancio, épices, cuir, pruneau, café, figue sèche

Bouche : ronde, puissante, gourmande, notes de fruits rouges, griottes cuites, fruits secs, sous bois, humus, champignon humide, toffee, pruneau

Finale : longue, douce, un peu sèche, notes de fruits secs, toffee

Caol Ila 9 ans James Eadie 56,7%

Cette cuvée a été vieillie en ex-fût de Bourbon puis en ex-fût de Palo Cortado.

Nez : très complexe, délicat, notes salines, fumée de feu de bois, hareng fumé, tourbe carnée, huile de sésame

Bouche : fraîche, délicate, riche, notes salines, fumée de feu de bois, tourbe carnée

Finale : très longue, ronde, douce, riche, notes de tourbe carnée

Xérès Almacenista Palo Cortado Lustau 19%

Nez : riche, puissant, notes de fruits noirs cuits, fruits secs, épices, café

Bouche : ronde, puissante, notes de fruits secs, pruneau, café, pointe saline

Finale : longue, douce, riche, notes de fruits secs, pruneau, épices

Soirée de Novembre – Japon

Le whisky japonais date de 1923, année de la construction de Yamazaki, la 1e distillerie de l’archipel. Elle fut suivie par Yoichi en 1934. De 1930 à 1980, la consommation locale augmente fortement, beaucoup de distilleries sont construites, de nombreuses brasseries de saké se diversifient en produisant du whisky.

Dans les années 1980, la demande s’écroule, beaucoup de distilleries ferment leurs portes ou arrêtent provisoirement leur production, c’est le cas de NIkka. L’augmentation des prix, l’abondance de whiskies d’autres pays, l’augmentation de la taxe sur les alcools ainsi que l’envie de consommer des alcools plus légers comme le saké et la bière sont les raisons de ce déclin.

Puis en 2001, Yamazaki 12 ans obtient un prix suivi par Hibiki 30 ans en 2003.la demande explose mais les stocks sont bas, les distilleries fermées ou arrêtées. Alors les prix des single malts montent en flèches. La production reprend à plein régime mais il est trop tard pour contenir l’envolée des tarifs. Ainsi la distillerie Kariuzawa ayant été démantelée, ses alambics perdus, le petit stock restant est vendu aux enchères. Les collectionneurs les achètent, sans notion de prix. Cette pratique a fait augmenter globalement le tarif des whiskies japonais. Le Japon représente à ce jour 5% de la production mondiale.

Le Japon présente de très bonnes caractéristiques géographiques pour la production de whisky, des tourbières de qualité, utilisables car non protégées comme en France, des régions montagneuses avec de l’eau très pure et qualitative et une basse pression idéale pour la distillation.

Ichiro Malt & Grain 46,5%

Ce whisky est produit par la distillerie Chichibu, créée en 2008 par Ichiro Akuto, un embouteilleur indépendant, petit-fils du fondateur de la distillerie Hanyu. La famille a toujours été productrice de saké et de shochu depuis le 17e siècle. Hanyu avait été créée en 1941 pour produire sakés et whiskies, en single malt à une époque où les japonais voulaient uniquement des blend. Elle a arrêté son activité en 2000 et fut démantelée en 2004. Après avoir travaillé dans une brasserie de saké et chez Suntory, Ichiro a créé la société Venture whisky et pu racheter les fûts restants d’Hanyu ainsi que ceux de Kawazaki et de Karuizawa. A ces débuts en 2006, il a eu la chance de faire de essais préalables et d’apprendre le métier chez Karuizawa qui avait été arrêtée en 2000 et remise en route spécialement pour lui…

Il a lancé la gamme Ichiro’s malt contenant des vieux malts d’Hanyu et des jeunes issus de Chichibu. La 1e série ne contenait que des malts d’Hanyu, en attendant que Chichibu ait produit suffisamment. Elle se nommait Hanyu Card Series, les étiquettes étaient des cartes à jouer. Il reste très peu de bouteilles sur le marché, elles sont à des tarifs très élevés et très recherchées par les collectionneurs. Ensuite Ichiro a créé une gamme de 3 pure malts, les Leaf Label, aux étiquettes en forme de feuille, Mizunara Wood Reserve dont l’étiquette est une feuille couleur or, Wine Wood Reserve, feuille rouge et Double Distilleries, feuille verte. Les 2 premiers mettent en avant le type de fût utilisé pour le vieillissement, le 3e met en avant la distillerie Chichibu. Puis il a lancé une gamme de single malts baptisée The First, the Floor Malted et the Peated.

La cuvée Malt&Grain est issue d’un assemblage de whikies de malt provenant d’Hanyu, Karuizawa, Chichibu, Kawazaki ainsi que d’autres distilleries japonaises ainsi que du monde et de whiskies de grain de Kawazaki.

La ville de Chichibu, qui a donné son nom à la distillerie, se situe dans la préfecture de Saitana, au nord-ouest de Tokyo. C’est une région montagneuse, au climat chaud et lourd en été et froid et sec en hiver. Les écarts de température annuel sont importants, de -10 à 35°. La part des anges est de 5% (2% seulement en Ecosse), la maturation est beaucoup plus rapide.

L’orge maltée provient d’Angleterre et un peu d’Allemagne, l’orge maltée tourbée provient exclusivement d’Ecosse. La distillerie commence à utiliser un peu d’orge japonaise qui est maltée sur place, la distillerie possède un kiln (four de séchage). Ichiro veut produire un single malt 100% japonais, qui serait le 1er de l’histoire!

La distillerie comprend des cuves de brassage en inox et des cuves de fermentation de 3000L en chêne mizunara. Le brassage est très léger afin de préserver les arômes fruités. La fermentation est longue, 72h au lieu de 24 à 40h ce qui permet une richesse plus importante. Le mizunara est le chêne japonais, Chichibu fut la 1e distillerie à l’utiliser, suivie par Yamazaki. Ce bois apporte richesse et profondeur mais présente un gros souci d’étanchéité et donc de perte de breuvage en cours de fabrication. Il présente une grande richesse en bactéries, différentes de celles du chêne classique, c’est un bon catalyseur de fermentation. La distillerie a 2 petits alambics de 2000L, les anciens d’Hanyu, qui provenaient d’Ecosse. Le chauffage est indirect, par vapeur, là aussi pour préserver la finesse des arômes. Au Japon, il n’y a pas de cadenas sur le spirit safe (coffre à alcool), cette pratique n’est obligatoire qu’en Ecosse. Ainsi Ichiro, en homme très pointilleux et exigeant, peut déguster à chaque distillation. Le vieillissement peut se faire dans plusieurs types de fûts, sherry, porto, mizunara, bourbon, cerisier, bière, tequila, vins français, rhum, cognac,… en œuf pour les blends,… Ichiro cherche toujours à apprendre, tester, découvrir,… Ainsi les fûts de mizunara venaient d’un tonnelier local qui a décidé de prendre sa retraite. Ichiro lui a demandé de former un de ses employés puis a racheté l’ensemble de son matériel. Aujourd’hui la tonnellerie est installée dans la distillerie. La distillerie compte 20 employés et produit 60 000L/an.

Nez : rond, doux, complexe, riche, fin, notes d’amande, fruits blancs (poire, pomme), abricot, fraise, pâtissier, pointe d’anis

Bouche : fine, douce, fruitée, complexe, attaque avec une pointe pimentée puis douceur, très pâtissier, notes d’amande, vanille, bois

Finale : douce, fine, un peu huileuse, un peu courte et simple, notes d’amande, vanille

Nikka Coffey Grain 45%

Le groupe Nikka, fondé par Masataka Taketsuru comprend plusieurs distilleries dont celle de Miyagikyo dont est issu ce whisky.

Masataka Taketsuru est né au Japon en 1894. Pour son travail, il part en 1918 en Ecosse. Il apprend beaucoup sur le whisky et rencontre Rita, sa future femme. Il revient au Japon et va construire pour Suntory la 1e distillerie japonaise de whisky, Yamazaki en 1923. En 1934, il quitte Suntory et créé sa propre distillerie, Yoichi à Hakkaido. L’entreprise porte le nom de DaiNipponKaju, simplifiée ensuite en Nikka. En 1969, il fonde Miyagikyo à Sendai.

Cette cuvée a été réalisée grâce à un alambic spécifique appelé Coffey Still ou patent still ou continuous still. Il a été créé en 1830 par Aeneas Coffey, un ancien inspecteur des douanes irlandais. Il s’agit d’un alambic à 2 colonnes permettant une production e whisky plus rapide et plus économique. Les distillats obtenus sont souvent considérés comme moins qualitatifs cependant ils contiennent des arômes plus fruités et plus légers qui peuvent être très agréables. Cet alambic est beaucoup utilisé pour les whiskies de grains.

Cette cuvée a été réalisée à la demande de la Maison du Whisky afin de pallier au manque permanent de single cask japonais et pour proposer un breuvage plus accessible financièrement et gustativement. Ce whisky fut d’abord produit en version limitée et millésimée puis, devant son succès, en édition permanente. Il a obtenu la médaille du Best Japanese Grain Whisky en 2013.

Nez : fin, délicat, élégant, notes florales avant l’aération puis notes de pomme cuite, cardamome, poivre blanc, crème d’amande, mangue, herbe fraîche, bâton de réglisse, bois grillé, pointe de vanille

Bouche : fraîche, douce, délicate, notes de poivre blanc, herbe fraîche, bois grillé, bâton de réglisse, pointe de vanille

Finale : grasse, fine, longue, notes de poivre blanc et de vanille

Yamazaki 12 ans 43%

Ce whisky tire son nom de la vallée où est installée la distillerie. Elle se situe entre Osaka et Kyoto, aux confluent de 3 rivières, ce qui apporte beaucoup de brume et donc d’humidité ains qu’un climat tempéré. L’eau est très pure car provenant des monatgnes voisines.

Yamazaki fut créée en 1923 par Shinjiro Torii, le fondateur du groupe Suntory et son bras droit, Masataka Taketsuru, le futur fondateur de Nikka. Elle est la plus ancienne du Japon et la plus populaire.

En 1929, elle produit son premier whisky qui n’est pas apprécié par les japonais car plus léger que ceux écossais. En 1937 le succès arrive grâce à la cuvée Kakubin, plus structurée. Entre 1940 et 1950, l’offre s’élargit. En 1961, Keizo Saji, le fils de Torii, devient le 2e président de Suntory. Il va pratiquer une politique plus agressive en réalisant de nombreux investissements et innovations. Il construit notamment les distilleries Hakushu et Chita en 1970. En 1984 il lance une gamme de single malt dont fera partie Yamazaki 18 ans en 1991, qui obtient la 1e médaille d’or mondiale qui va faire découvrir les whiskies japonais et provoquer le début de la forte demande pour ces produits. En 2013, la distillerie est de nouveau agrandie, 4 nouveaux alambics sont installées et porte le nombre total à 12.

La distillerie utilise 6 orges maltés différents, en fonction des cuvées à produire. La tourbe provient d’Ecosse. Plusieurs cuvées, dont les single casks, sont vieillis en fûts de mizunara pour apporter finesse et délicatesse d’arômes.

Nez : très expressif, riche, fermé au départ, demande un peu d’aération, notes de poire très mûres, griotte, fruits jaunes, fruits secs (abricot), tarte tatin, anis

Bouche : riche, intense, fraîche, notes de poire très mûre, fruits secs, tarte tatin

Finale : ronde, longue, riche, notes de fruits secs, tarte tatin

Soirée octobre – les Rye

Les conditions de production du Rye whisky sont presque identiques à celles du Bourbon. Le Rye est un whisky issu à 51% minimum de seigle, malté ou non, pour prétendre à cette dénomination. Les autres céréales utilisées sont au choix du producteur, souvent il s’agit de maïs et d’orge malté. L’élevage n’est pas obligatoire mais s’il est effectué, ce doit être en fût de chêne flambé. Il doit durer 2 ans pour obtenir la mention Straight rye. Au-delà de 4 ans, la mention de l’âge n’est plus obligatoire. Le distillat doit titre moins de 80% en sortie d’alambic et moins de 62,5 après réduction en fin de vieillissement.

Le seigle peut être malté ou non, dans ce second cas, il est cuit à la vapeur puis refroidi avant le brassage et additionné d’orge malté. Le seigle non malté est très difficile à travaillé en raison de son absence d’enveloppe. Il donne une farine très collante. Il a de plus un rendement nettement plus faible que l’orge.

Au 18e, les pionniers allemands et hollandais ont importé le seigle dans le nord de l’Amérique, notamment au Canada et en Nouvelle Angleterre. Cette céréale est bien adaptée aux hivers rigoureux et aux sols pauvres. Son goût différent, plus sec que le Bourbon, épicé et riche, plaisait beaucoup aux amateurs de scotch.

Le Rye a longtemps été considéré comme un symbole américain. Ce breuvage était consommé et produit par Georges Washington lui-même dans sa cave, le Washington Rye Whisky. On dit que le Rye était la boisson préférée d’Al Capone. Il a failli disparaître durant la prohibition, une seule marque à subsisté, le Old Overholt.

Le Canada produit beaucoup de Rye mais n’a pas les mêmes règles, ainsi 5% de seigle utilisé dans l’assemblage suffisent à donner la mention Rye mais le vieillissement doit durer minimum 3 ans en fût. 

Aujourd’hui le Rye est très à la mode, il est considéré comme branché et très apprécié des barmen depuis les années 2000. Il est utilisé dans de nombreux cocktails dont le Sazerac, le Manhattan, l’Old Fashioned. Depuis 2017, il est devenu l’une des 2 boissons officielles de la Virginie, avec le lait. On trouve du Rye dans de nombreux pays, USA et Canada bien sûr mais aussi en Europe, Finlande, Danemark, France également avec DHG, Armorik, Glann Ar Mor entre autres.

Kyro Juuri Rye 46,3%

La distillerie Kyro tire son nom de la rivière qui la borde ; elle est située dans le village de Isokyro, dans le golfe de Botnie au nord de la Finlande. Elle a été fondée en 2014, après 2 ans de lutte administrative de la part de ses fondateurs. Elle est issue de l’idée née dans un sauna après une soirée arrosée par un groupe de 5 amis en 2012. Elle est installée dans une ancienne ferme laitière datant de 1908 et emploie 30 personnes sur place ainsi que 7 ambassadeurs. Elle produit 100 000 bouteilles par an.

Kyro produit du whisky, du gin et une liqueur, tous les breuvages étant élaborés à partir de seigle finlandais. La ferme se visite et les produits sont dégustables sur place. 

Juuri signifie “origine” en finnois mais aussi la base du pain de seigle. Cette cuvée est issue à 100% de seigle finlandais malté. Il s’agit d’un new make. La distillerie propose aussi depuis 2017 un whisky vieilli et travaille à des cuvées plus anciennes.

Nez : frais, crémeux, notes d’anis, citron, poire, figue fraîche, pomme, prune, caroube, pointe fermière

Bouche : fraîche, ronde et douce en attaque, sèche ensuite, notes de noix fraîche, figue, pomme, anis, vanille

Finale : sèche, douce, longue, un peu amère, notes de poivre, pointe de piment

Rebel Yell Small Batch Rye 45%

Rebel Yell n’est pas le nom d’une distillerie mais celui d’une marque, enregistrée officiellement en 1936 et produite par la distillerie Stitzel-Weller qui fermera en 1992. Cette marque est vendue dans les années 1980 à Lixco Spirited Brands et reprise par Heaven Hill en 1992. Heaven Hill est l’une des plus anciennes distilleries du Kentucky, datant de 1849. Elle produit toujours Rebel Yell.

Au départ, Rebel Yell est une marque de Bourbon. La cuvée Rye est lancée en 2015. Elle est composée de seigle, maïs et orge malté.

Nez : gourmand, pâtissier, riche, notes d’abricot frais, noisette, pomme cuite, gentiane, camphre, cardamome, écorce de citron, fenouil, curcuma, caramel, crème pâtissière

Bouche : fraîche, douce, équilibrée, élégante, notes de beurre, vanille, céréale, bâton de réglisse, foin

Finale : douce, ronde, notes de vanille, bois, réglisse, anis, un peu courte

Stauning Young Rye Rum Cask Finish 46,5%

La distillerie Stauning tire son nom du village où elle est située, sur la cote ouest du Danemark. 

Cette cuvée est élaborée à partir de 70% de seigle et 30% d’orge malté. Les céréales sont locales ainsi que la tourbe qui provient du musée vivant voisin. Celui-ci conserve et maintient les métiers et traditions anciennes, notamment celle de la récolte et préparation de la tourbe. Le vieillissement se fait pendant 3 ans en fût de chêne américain neuf puis 8 mois en fût de rhum Plantation Belize de 1er remplissage.

La distillerie a été créée en 2005, elle était installée dans l’ancienne boucherie de l’un des fondateurs. Elle produisait 400L en double distillation avec 2 alambics pot still de petite taille. Tout le processus d’élaboration du whisky est fait sur place, du maltage à la mise en bouteille. Ainsi la chambre froide servait au maltage au sol, le hachoir à moudre les grains, le fumoir à jambon à fumer les grains. Depuis 2007, faute de place, les installations se sont déplacées dans une ferme voisine bien plus grande. Aujourd’hui la distillerie produit 900 000L et possède 24 alambics, toujours de petite taille. Elle propose 3 whiskies dont un tourbé ainsi qu’un new make. Elle a été en partie rachetée par Diageo et Distill Ventures en 2015.

Nez : frais, rond, pâtissier, notes d’aiguilles de pin, écorces d’agrumes, levure, céréales, vanille, caramel

Bouche : ronde, douce, un peu chaude, notes végétales, céréales, vanille, bois

Finale : ronde puis sèche, un peu courte, notes de vanille, bois, agrumes

Whistle Pig 10 ans 50%

Whistle Pig n’est pas une distillerie mais une ferme de vieillissement située sur les berges du lac Champlain, dans le Vermont. Elle appartient à Raj Peter Bhakta, un entrepreneur et politicien qui participe à des émissions de télé-réalité dont The Apprentice. Il est associé avec Dave Pickerell, ancien de Maker’s MArk, une des plus anciennes et des plus grosses distilleries de Bourbon. Ensemble, ils ont pour projet de créer le meilleur whisky de seigle du monde. Ils ont lancé la gamme en 2007. Les distillats proviennent du Canada, de chez Alberta Distillers puis sont vieillis et mis en bouteille dans la ferme Whistle Pig.

Cette cuvée est issue uniquement de seigle et vieillie en fût de Bourbon.

Nez :  doux, rond, frais, notes de solvant, fleurs, fruits blancs, pointe herbacée, cannelle, miel, écorce d’orange, vanille, bois grillé.

Bouche : douce, ronde, fraîche, pâtissière, notes de vanille, écorce d’orange, bois grillé

Finale : puissante, chaude, un peu piquante

Soirée de Septembre – Les Whiskies Français

Eddu Silver Brocéliande 42 %

Ce whisky est produit par la distillerie des Menhirs située à Pont Menhir près de Quimper. Elle appartient à la même famille depuis sa création, elle en est à la 5e génération.

En 1921, l’histoire commence à Plomelin (Finistère) lorsque Francès Le Lay, arrière arrière grand-mère des actuels dirigeants, fait l’acquisition d’un alambic d’occasion, destiné à la distillation ambulante d’eau-de-vie de cidre, appelée Lambig. Plomelin est la capitale du Lambig en Bretagne.

En 1986, Guy le Lay décide de planter des pommiers à Pont Menhir et de créer une distillerie pour produire du Pommeau, qui devient la 1e AOC Pommeau de Bretagne.

En 1198, il créé un nouveau bâtiment et installe un nouvel alambic afin de se lancer dans la distillation de blé noir de Bretagne pour produire du whisky.

Eddu Silver Broceliande est élaboré uniquement à partir de blé noir, appelé aussi sarrasin, part une double distillation dans des alambics charentais de 25hL. L’affinage se fait en fût de Cognac et la finition en fût de chêne de la mythique forêt de Brocéliande, d’où le nom de la cuvée.

Le blé noir est d’origine asiatique, il arrive en Bretagne au 15e siècle et devient la providence de l’Armorique. En effet, il est adapté aux sols pauvres et acides, son cycle végétatif est court, de mai à septembre. Son rendement naturel est bien supérieur à ceux du seigle et du froment. Il n’y a pas d’impôt sur sa récolte à l’époque.

Mais cette belle histoire connaît un rebondissement, le blé noir  manque disparaître au 20e siècle à l’arrivée des engrais et autres produits chimiques. En effet, les autres cultures deviennent plus productives, notamment les pommes de terre. De plus, le sarrasin ne supporte pas les engrais…

Il vit une renaissance forte depuis 20 ans, à la fois en tant que farine alimentaire et en tant que base pour la distillation.

Le whisky Eddu est donc un breuvage bio, nature et sans gluten!

La distillerie des Menhirs propose plusieurs cuvées, Eddu Silver (classique), Eddu Silver Brocéliande, Eddu Gold (15 ans), Eddu Grey Rock (blend), Eddu Grey Rock Brocéliande (blend en fut de chêne de Brocéliande), Eddu Ed Gwenn (single malt de 4 ans à base d’orge breton élabordé avec un alambic à colonne) ainsi que du cidre, du Lambig (eau de vie de cidre), du Pommeau (mutage du jus de pomme avec du Lambig), du Gwenaval (alcool blanc de pomme) et du Chouchenn.

Nez : frais et gourmand, notes de fleurs blanches, fleurs séchées, fruits secs, noix, prune, poire, vanille, caramel, cannelle, curry, curcuma

Bouche : fruitée et ronde, notes de bois, vanille, caramel, prune, pommes, oranges, pomelos

Finale : longue, fine avec des notes mentholées

Rozelieures Vosne Romanée 46%

La distillerie Rozelieures tire son nom de son village, elle est la propriété de la famille Grallet-Dupic. Elle a été créée en 2000 par 2 hommes, Hubert Grallet, distillateur et Christophe Dupic, cultivateur, tous deux amateurs éclairés de whisky et ayant déjà effectué plusieurs voyages en Ecosse. La famille Grallet produit de l’eau de vie de mirabelle depuis 1860, Hubert est la 5e génération. L’idée est venue d’une plaisanterie qui fut ensuite prise au sérieux.

Toute l’orge utilisée par la distillerie est produite sur place par la famille Dupic. L’eau, très pure, provient des montagnes vosgiennes voisines. Les propriétaires qualifient leur whisky “d’alcool de caractère mais doux et rond comme les Ballons des Vosges”!

Le whisky est élaboré par une double distillation, dans un wash still de 30hL suivi d’un spirit still de 15hL. Les vieillissements se font en fût de chêne locaux, fût de Cognac et fût de Xérès. Ils ont réalisé de nombreuses finitions, Bourgogne, Sauternes, Banyuls, Condrieu, Armagnac, Tokay,…

Les grandes amplitudes thermiques de la région génèrent des vieillissements rapides. La distillerie dispose de 3 chais de vieillissement très différents les uns des autres. Le 1er, situé au grenier, est sec avec des changements de température importants. Le 2e, à la cave, est humide avec des températures stables. Le 3e, dans le Fort Pélissier, est entre les deux. Les whiskies sont souvent issus des 3 chais selon les objectifs gustatifs visés.

Cette cuvée a été vieillie à 60% en fût de Cognac et à 40% en fût de Xérès Fino suivi d’une finition en fût de Vosne Romanée.

La distillerie produit 4 références en gamme permanente, les cuvées Origine, Rare Collection, Fumé Collection et Tourbé Collection ainsi que des séries limitées correspondant à des finitions, souvent en single cask et bouteilles numérotées.

Rozelieures propose des ventes en primeur de ces whiskies ainsi que des visites guidées des lieux.

Nez : gourmand, crémeux, notes de prune, amandes, citron, pêche, rose, miel d’acacia, cerise, céréale, tourbe légère

Bouche : ronde, douce, notes de fruits très mûrs, citron, noix de cajou, amande, figue, cuir, pointe herbacée, épices douces, tourbe légère

Finale : longue, ronde, saline, notes de prune, figue, cuir, tourbe

Michel Couvreur single malt 10 ans vin jaune 47% – bouteille 1394/2000

Michel Couvreur est un embouteilleur indépendant belge situé à Bouze-lès-Beaune en Bourgogne. Il choisit des single malts écossais qu’il affine dans sa cave en fûts de Xérès ou de Porto le plus souvent avant la mise en bouteille. Certains fûts sont très anciens, 50, 60 ans, le plus vieux a même 80 ans ! Il réalise également des cuvées atypiques en fûts de vin Jaune, en amphores, avec des lies vineuses,…

Michel Couvreur est né en 1928 et mort en 2013. Son activité a été poursuivie par sa fille, son gendre et son maître de chai, déjà présents depuis 2007 dans la structure. Il est producteur et négociant de vin entre 1951 et 1978. Il achète et aménage la cave de Bouze-lès-Beaune en 1956. Il s’installe en Ecosse en 1964 où il vend de grands vins français, qui vont lui ouvrir toutes les portes, même celle de la Reine. Il découvre et étudie le whisky. En 1971, il commercialise les vins français au Canada et se développe fortement malgré les taxes importantes. En 1986 il commence la distillation à Edradour. Il se spécialise dans les whikies insolites, notamment produits dans les Orcades avec la variété d’orge Bere Barley peu connue et depuis abandonnée. IL décide ensuite d’acheter des distillats, les faire vieillir dans sa cave de Bourgogne avant de les mettre en bouteilles.

La cave est très spécifique, elle a été creusée à la demande de Michel Couvreur grâce aux conseils de Jules Chauvet, dans les années 1950. Comprenant plus de 150m de galeries, elle offre humidité et calme. Elle comprend des parties sèches et d’autres plus humides, ce qui permet des variations de vieillissement suivies ou non d’assemblage. Elle fut construite pour les vins de Bourgogne au départ, sa capacité est de 200 barriques bourguignonnes, ce qui est, selon Michel Couvreur, la capacité maximum de reconnaissance de breuvages différents à l’aveugle.

Les étiquettes ne mentionnent pas la distillerie mais seulement le type de vieillissement, selon Michel Couvreur, “90% de la qualité d’un whisky vient du fût et 10% de la distillation”. Il réfute la notion de terroir pour ce type de produit. Pour lui, l’utilisation des fûts de Bourbon au lieu des fûts de Xérès est la plus grande tragédie de l’histoire du whisky.

Aujourd’hui la société propose des single malt et des blended malt, le plus connu, Overaged, est un blend de 12 ans vieilli en fût de Xérès Pedro Ximenez, les malts présents ont de 12 à 27 ans d’âge. Michel Couvreur est un embouteilleur polyglotte, des malts écossais, choisis par des Belges, vieillis en Bourgogne dans des fûts Espagnols et réduits avec de l’eau Ecossaise ! Des essais sont menés actuellement avec des malts français issus notamment de Rozelieures et du Domaine des Hautes Glaces, à suivre…

Cette cuvée a été vieillie intégralement en fûts de vin jaune non rincés, c’est à dire contenant encore un peu de lie et de voile de levures! provenant du Domaine Bénédicte et Stéphane Tissot. Il s’agit de l’assemblage de 5 fûts qui ont donné 2000 bouteilles. La distillation, réalisée en Ecosse, date du 5 février 2009, mise en bouteille le 13 février 2019.

Nez : élégant, riche, floral, notes de frangipane, coing, fruits jaunes, bois, épices, noix, pomme, pointe herbacée, voile de levures

Bouche : ronde, chaleureuse, tendre, complexe, notes de pomme, noix fraîche, poire, coing, épices, levures

Finale : longue, complexe, puissante, notes de noix sèche, épices, pomme cuite, pointe d’amertume

Sequoia tourbé 43%

Cette cuvée est produite par la distillerie du Vercors créée en 2015 et située à St Jean en Vercors.  La bâtisse est une ancienne ferme fortifiée datant de 1673 transformée en magnanerie avant d’être modifiée en distillerie.

La famille Cordelle, créatrice et originaire de Bourgogne, a mis 2 ans 1/2 a trouver le lieu idéal, permettant de tout faire sur place en bio, culture de l’orge, maltage, distillation et vieillissement, et avec une eau de source de qualité.

L’orge utilisée est en partie produite sur place par Anne-Hélène, une autre partie est achetée à la coopérative des Malteurs Ethos située à Valence.

L’alambic utilisé est très spécifique puisqu’il s’agit d’un alambic à repasse en inox de 50 hL fonctionnant à basse pression. Il a été créé par Eric Cordelle, le propriétaire, après de nombreux essais sur la pression. La distillation se fait à basse température et dure 14h. Elle donne un alcool à 25% avec des arômes floraux, fruités et ronds. C’est le mode d’élaboration de la parfumerie. La 2e distillation est effectuée dans un alambic charentais de 25 hL qui donne un alcool à 60-70%, avec de la complexité.

Aujourd’hui la jeune distillerie propose 2 cuvées, avec et sans tourbe.

Le Sequoia qui a donné le nom de la cuvée et le visuel de l’étiquette se trouve dans la cour de la ferme et a 225 ans.

Nez : fin, frais, notes de fleurs blanches, tourbe délicate, banane, poire, minéral, camphre, eucalyptus, ferme, abricot, céréale caramélisée, cire, menthe

Bouche : fine, délicate, douce, avec une sensation de sucrosité, notes de bois, tourbe carnée, poire cuite, miel, agrumes, fleurs blanches, tourbe végétale

Finale : longue, nette, fumée, notes de tourbe, miel, citron, bois toasté, menthe, eucalyptus, poivre blanc