Soirée de Juin – les Finish

Le Finish est l’affinage final du whisky réalisé dans un fût différent de celui utilisé pour le vieillissement.

Il ne s’agit pas de double maturation, correspondant à un vieillissement de longue durée dans des fûts différents, soit en parallèle soit l’un après l’autre, comme chez Auchentoshan 17 ans, 8 ans en fût de Bourbon puis 9 ans en fût de Bordeaux.

La finition est un art délicat, permettant de sublimer ou bien de dénaturer un distillat. Une finition réussie permet de compléter tout en respectant le caractère original du distillat. C’est une tendance récente, lancée dans les années 1990 par Balvénie et Glenmorangie, suivis par Gordon&Macphail. Elle nécessite une surveillance importante, un suivi de l’évolution du distillat, de choisir avec précision les barriques et les durées.

Il n’y a pas de règle à ce sujet, cependant en général, on parle de finition pour les durées entre 6 mois à 2 ans. Tous les distillats peuvent être concernés sans notion d’âge non plus, ainsi chez Arran le whisky de départ a entre 6 et 8 ans alors que chez Dalmore on trvaille sur des whiskies de 62 ans.

Tous les types de fût sont utilisés, sherry, bien sûr, apportant de la couleur et des notes puissantes de fruits rouges et de fruits à noyaux, mais aussi bourbon pour les notes de brûlé, vanille, noix de coco, grillé, rhum pour les fruits exotiques, porto, vin rouge, vin blanc, bière, mezcal,… Beaucoup de ces fûts ne peuvent être utilisés pour la maturation car leur apport serait trop important pour le distillat. Les fûts doivent être en chêne pour respecter la Scotch Art Whisky de 1988. Parfois, 2 finish sont effectués, soit en parallèle soit en assemblage.

S’agit-il, comme le disent certain.es, d’une astuce marketing pour multiplier les références, créer de « nouveaux » produits, technique idéale pour les distilleries ayant des difficultés de stock ? Ou bien d’une vraie nouvelle technique pour expérimenter, mettre en avant de nouvelles spécificités des distillats ? Il y a encore de très nombreuses possibilités à découvrir.

La mention de Finish est non obligatoire et non réglementée, elle est utilisée à des fins d’information et de marketing, il n’y a pas de contrôle.

Rozelieures finition fût HSE 43%

La distillerie Rozelieures tire son nom de son village, elle est la propriété de la famille Grallet-Dupic. Elle a été créée en 2000 par 2 hommes, Hubert Grallet, distillateur et Christophe Dupic, cultivateur, tous deux amateurs éclairés de whisky et ayant déjà effectué plusieurs voyages en Ecosse. La famille Grallet produit de l’eau de vie de mirabelle depuis 1860, Hubert est la 5e génération. L’idée est venue d’une plaisanterie qui fut ensuite prise au sérieux.

Toute l’orge utilisée par la distillerie est produite sur place par la famille Dupic. L’eau, très pure, provient des montagnes vosgiennes voisines. Les propriétaires qualifient leur whisky “d’alcool de caractère mais doux et rond comme les Ballons des Vosges”!

Le whisky est élaboré par une double distillation, dans un wash still de 30hL suivi d’un spirit still de 15hL. Les vieillissements se font en fût de chêne locaux, fût de Cognac et fût de Xérès. Ils ont réalisé de nombreuses finitions, Bourgogne, Sauternes, Banyuls, Condrieu, Armagnac, Tokay,…

Les grandes amplitudes thermiques de la région génèrent des vieillissements rapides. La distillerie dispose de 3 chais de vieillissement très différents les uns des autres. Le 1er, situé au grenier, est sec avec des changements de température importants. Le 2e, à la cave, est humide avec des températures stables. Le 3e, dans le Fort Pélissier, est entre les deux. Les whiskies sont souvent issus des 3 chais selon les objectifs gustatifs visés.

Cette cuvée a été vieillie pour moitié en fût de Bourbon et l’autre moitié en fût de Cognac. Une finition de 14 mois a été ensuite réalisée en fût de chêne blanc américain ex-HSE XO. Il s’agit d’une édition limitée dont les bouteilles sont numérotées.

Nez : 1er nez frais, fin, un peu fermé, notes de poire, citron, herbe, fleurs blanches, mirabelle – 2e nez, pâtissier, ananas, épices, compote de pommes, angélique confite, orge, céréales, vanille, prune

Bouche : ronde, douce, riche, gourmande, léger gras, notes de fruits jaunes, ananas, fruits secs, citron vert, cardamome, canelle, vanille

Finale : douce, notes d’ananas, épices douces, cardamome, poivre, pointe fumée, sucrosité

Glenmorangie Spios 46%

Spios signifie épices en géälique. Glenmorangie signifie vallon de la tranquilité.

Cette distillerie est une des plus ancienne d’Ecosse, fondée en 1843 par William Matheson. Elle est située dans les Highland, dans le village de Tain, à proximité de la mer, dont on ne ressent pas les effets dans les distillats car la Cote Est de l’Ecosse  est plus douce et paisible que la Cote Ouest. Glenmorangie produit exclusivement des blend jusqu’en 1970, période à partir de laquelle elle commence à produire des single malt. Elle est agrandie en 1979 et en 1990. Elle est rachetée en 2004 par LVMH, toujours propriétaire des lieux.

La distillerie est située à côté de la source Tarlogie qui fournit une eau dure, riche en minéraux. Le terrain de cette source a été achetée par la distillerie afin de maîtriser l’approvisionnement ainsi que la qualité de l’eau.

Glenmorangie possède les plus hauts alambics d’Ecosse qui ont été réalisés au départ pour produire du gin. Leur base est sphérique, le col est long et mesure 5 m, autant que celui d’un girafe! Cette taille provoque des reflus d’alcool importants et donne naissance à des distillats légers et très aromatiques. Les viellissements se font dans des fût de 2 remplissages seulement pour conserver le maximum d’arômes. Cette distillerie est une habituée et même une pionnière de la double maturation, mise en place depuis 30 ans par le directeur Bill Lumsden.

Cette cuvée est la 9e Private Edition. La finition a été faite en ex-fût de rye américain.

Le sceau sur la bouteille est celui de la pierre de Cadbell, gravé par les Pictes.

Nez : élégant, délicat, notes de fumé, cire, miel, écorce d’orange, abricot sec, ananas, canelle, vanille, pointe fermière

Bouche : puissante, notes de lait, beurre, vanille, muscade, citron, confiserie, cardamome, sous-bois, pointe de tourbe, poivre, baton de réglisse

Finale : longue, ronde, notes de gâteau, tourbe, poivre, épices

James Eadie Benriach 9 ans Palo Cortado 62,4%

James Eadie est un ancien brasseur. En 1830, il achète des pubs dans lesquels servir sa bière. Puis il achète du whisky et réalise ses propres assemblages, devenant ainsi négociant avant de créer sa propre marque. En 1854 il dépose le premier logo de l’histoire du whisky.
Lors de la 2de Guerre Mondiale, tous les membres de la famille disparaissent et la production s’arrête. Le flambeau est repris en 2017 par un arrière-petit-neveu, Rupert Patrick. Il retrouve les recettes et relance la marque.  Il sélectionne les meilleurs fûts des distilleries pour terminer les vieillissements et effectuer la mise en bouteille.

Le Palo Cortado est un xérès issu du cépage Palomino, dont le voile de levure s’est rompu au bout de 10 mois. Cette rupture est naturelle mais non prévue et non voulue. Elle donne naissance au plus rare et au plus atypique des Xérès, qui est du coup un vin oxydatif. Les mots palo cortado signifient bâton coupé, qui est le signe indiqué sur le tonneau concerné par cette évolution différente.

Cette cuvée a été produite en 280 bouteilles, le finish a duré 12 mois.

Nez : riche, complexe, puissant, notes de fruits secs (abricots, raisins, amandes), pruneaux, fruits noirs très cuits, canelle, résine, grillé, camphre, marrons glacés

Bouche : ronde, complexe, notes de fruits à noyaux, amande, fruits secs, boisé, citron confit

Finale : longue, puissante, un peu chaude, notes de fruits à moyaux, résine, grillé

Soirée de Mars et d’Octobre – l’Inde

Amrut Single Malt 46%

Amrut signifie « nectar des Dieux » en sanskrit.

La distillation est arrivée en Inde dans les années 1850-1870, sous l’impulsion des anglais, français et portugais. Ils ont commencé par produire des vins de fruit et bières de coco avant de les transformer en whisky pour les anglais au Nord et en Brandy (eau de vie de raisin) pour les français et portugais au Sud.

L’Inde est le 1er marché au monde en terme de consommation de whisky et représente 1/3 des ventes internationales. Cependant, traditionnellement le « whiskey » indien est un mélange d’alcool de canne à sucre, de caramel et d’arômes… Il y a peu de réglementation hormis sur le degré d’alcool. Dans les années 1970, il y eut une hausse du niveau de vie et de fait des attentes des consommateurs, qui recherchent des produits de meilleure qualité. Les breuvages proposés sont devenus des malt mélangés à de la mélasse. La société Seagram est arrivée sur le marché et a proposé des whiskies de grain qui ont été très appréciés. La diminution de la vente des malt dans les années 1990 a permis le début des essais de vieillissement.

Amrut se situe à Bangalore, la 3e ville de l’Inde, dans le sud du pays, à 1000m d’altitude. Le climat est tropical, présentant des températures élevées et des variations fortes, une hygrométrie inmportante et très variable. Ces conditions induisent un vieillissement plus rapide des distillats et une part des anges très forte, de 12 à 16% par an, contre 2 à 4% en Ecosse. Les whiskies indiens sont de fait jeunes, souvent aux alentours de 5 ans. Des essais sont en cours pour des vieillissements de 8 à 10 ans mais les quantités obtenues sont faibles et les prix élevés.

La distillerie fut fondée en 1948, juste après l’indépendance de l’Inde par un groupe pharmaceutique. Leur 1er client est l’armée indienne puis ce furent les bars et magasins locaux. Les quantités produites étaient insuffisantes pour exporter. Puis en 2004, les 1ers produits arrivent en Angleterre dans des épiceries indiennes et en France en 2007, qui est devenu le plus gros marché européen. Aujourd’hui ils vendent à l’export et peu sur le marché local, seulement le single malt classique en brique de 20cL…

Au départ, la distillerie produit des blend et se lance dans les single malt en 1980. Aujourd’hui, outre les whiskies, elle produit également du rhum, du brandy, du cognac, de la vodka, du gin. En 1976, à la mort du fondateur, elle est reprise par son fils, qui est le PDG actuel. Il développe l’international et met en oeuvre des améliorations de la qualité et des process de fabrication. Il installe également un nouveau chai pour continuer d’augmenter la production. En 1998, il prend la décision de produire des single malt 100% indiens suivant la législation écossaise, les 1ers sortent en 2004. Ils sont élus meilleurs du monde en 2010 par Jim Murray.

L’orge utilisée est produite dans des champs du Penjab au pied de l’Himalaya. Le maltage se fait à Jaipur et à Delhi. L’eau provient d’une source des contreforts des montagnes, située à 15km de la distillerie. Seule la tourbe n’est pas indienne et provient d’Ecosse.

La distillation dure 17h, seulement 19% du coeur de chauffe est conservé. La distillerie possède 4 alambics de 5000L dont 2 petits wash still et 2 grand spirit still avec des cols ascendants pour obtenir des arômes floraux et légers. La plupart des fûts utilisés sont des ex-Bourbon, quelques fûts de Sherry,  de Porto servent pour des finitions pour des séries limitées. Amrut est une distillerie traditionnelle, elle emploie 500 personnes, principalement des femmes, la quasi-totalité du travail est fait à la main. Elle propose à ce jour 5 références permanentes, le Single Malt classique qui est sa signature, la cuvée Fusion, la cuvée Peated, Cask Strength et Cask Strength Peated. Elle produit beaucoup de séries limitées et expérimente des viellissemennts dans d’autres pays, en assemblage avec des malts viellis en Inde, telles l’édition limitée Two Continents.

La distillerie se visite, il est conseillé d’y aller le soir car, selon le directeur, « les vapeurs de malt dégagent une odeur si douce et sucrée que les singes font leur sieste sur les cuves de brassage ». Ainsi les portes étant ouvertes, les singes se promènent et prennent leurs quartiers dans les bâtiments le soir.

Nez : fin, délicat, pointe de solvant au départ qui se dissipe à l’aération, notes de fleurs blanches sucrées, fruits blancs, fruits jaunes, fruits exotiques, fruits secs, céréales, réglisse, eucalyptus, alternance entre des notes acides (craie, pamplemousse) et sucrées, cumin, café grillé, boisé

Bouche : attaque forte à la 1e gorgée puis douce, ronde, fluide, notes de fruits exotiques, un peu aqueuse

Finale : épices douces, bois, un peu séchante, courte, manquant un peu de complexité

Paul John Edited Peated 46%

La distillerie porte le nom de son fondateur, elle fut fondée en 2004 à Goa, dans le sud-ouest du pays. L’objectif est de produire un single malt de qualité indien au maximum. En 2018, elle a été élue la meilleure distillerie du monde. C’est une entreprise très moderne et tehnologique, à l’opposé d’Amrut. Elle possède 2 alambics, des chais enterrés et climatisés. Elle produit 3000L/jour. L’eau est puisée sur place grâce à un puit. Le viellissement est effectué pendant 5 à 6 ans en ex-fût de Bourbon.

Cette cuvée présente une tourbe légère de 10 à 15 ppm. Elle a été notée 96,5/100 par Jim Murray.

L’orge est indienne, produite sur les contreforts de l’Himalaya. La distilllerie utilise seulement les récoltes estivales, dont la maturation est meilleure. Il s’agit d’une variété à 6 rangs, contenant plus de protéines qui apporteront plus de potentiel aromatique. Seule la tourbe est écossaise et vient de l’île d’Islay.

Nez : fin, élégant, complexe, notes d’herbe fraiche, citron, épices douces, grillé, boisé, fumé, tourbe végétale

Bouche : ronde, gourmande, pâtissière, attaque sur des notes grillées, milieu très pâtissier

Finale : tourbe légère, pointe saline, un peu séchante et astringente

Amrut Kadhambam 50%

Le nom de la cuvée signifie mixture, assemblage en Tamoul. En effet il s’agit d’un assemblage de malts vieillis en ex-fût d’Oloroso, Bourbon, Rhum et Brandy !

Nez : un peu fermé, pointe de solvant, riche, complexe, intense, notes de caramel, vanille, amande, pruneau, cuir, thé noir

Bouche : grasse, ronde, presque liquoreuse, notes d’amande, café, pruneaux

Finale : ronde, longue, intense, notes d’épices, pointe piquante

Soirée de décembre – Noël

Auchroisk 22 ans Orcines 48%

La distillerie Auchroisk a été fondée en 1974, elle est moderne tant que le plan architecturale que dans la gestion des ressources, elle est labellisée HVE. Elle fut créée pour produire des blend, notamment pour J&B

Cette cuvée a été viellie en ex-fût de Bourbon Hogshead de 2e remplissage afin de mettre en avant le caractère de la distillerie plutôt que celui du fût.

Orcines est la marque d’un embouteilleur indépendant français, le fils du fondateur de la boutique lyonnaise Whisky Lodge. Elle tire son nom du village dont est originaire la famille. Ses sélections ont pour but de mettre en avant les distillats plutôt que les élevages. Les profils obtenus sont fins, délicats, épurés. Les bouteilles ont des étiquettes en tissu qui ont obtenu des prix dans le monde du design.

Nez : frais, délicat, élégant, frais, notes fleurs blanches, végétales, graine de coriandre, cumin, poire, raisin, poivre

Bouche : fraîche, délicate, notes de fruits blancs, raisin, poivre

Finale : fluide, délicate, notes de poivre, bois mouillé, malt, noix – Belle cohérence et continuité

Cambus 26 ans single grain James Eadie 55,4%

La distillerie Cambus fut fondée en 1836 et fermée en 1993. Il s’agissait d’une distillerie de grain uniquement, utilisant un alambic à colonne. Cette cuvée a été vieillie en ex-fût d’Oloroso, elle fut sélectionnée par mettre en avant le travail du maître de chai.

Nez : intense, rond, gourmand, très complexe, notes de griottes à l’aclool, caramel, toffee, fruits confits, fruits secs, oxydatif, rancio, épices, cuir, pruneau, café, figue sèche

Bouche : ronde, puissante, gourmande, notes de fruits rouges, griottes cuites, fruits secs, sous bois, humus, champignon humide, toffee, pruneau

Finale : longue, douce, un peu sèche, notes de fruits secs, toffee

Caol Ila 9 ans James Eadie 56,7%

Cette cuvée a été vieillie en ex-fût de Bourbon puis en ex-fût de Palo Cortado.

Nez : très complexe, délicat, notes salines, fumée de feu de bois, hareng fumé, tourbe carnée, huile de sésame

Bouche : fraîche, délicate, riche, notes salines, fumée de feu de bois, tourbe carnée

Finale : très longue, ronde, douce, riche, notes de tourbe carnée

Xérès Almacenista Palo Cortado Lustau 19%

Nez : riche, puissant, notes de fruits noirs cuits, fruits secs, épices, café

Bouche : ronde, puissante, notes de fruits secs, pruneau, café, pointe saline

Finale : longue, douce, riche, notes de fruits secs, pruneau, épices

Soirée de Novembre – Japon

Le whisky japonais date de 1923, année de la construction de Yamazaki, la 1e distillerie de l’archipel. Elle fut suivie par Yoichi en 1934. De 1930 à 1980, la consommation locale augmente fortement, beaucoup de distilleries sont construites, de nombreuses brasseries de saké se diversifient en produisant du whisky.

Dans les années 1980, la demande s’écroule, beaucoup de distilleries ferment leurs portes ou arrêtent provisoirement leur production, c’est le cas de NIkka. L’augmentation des prix, l’abondance de whiskies d’autres pays, l’augmentation de la taxe sur les alcools ainsi que l’envie de consommer des alcools plus légers comme le saké et la bière sont les raisons de ce déclin.

Puis en 2001, Yamazaki 12 ans obtient un prix suivi par Hibiki 30 ans en 2003.la demande explose mais les stocks sont bas, les distilleries fermées ou arrêtées. Alors les prix des single malts montent en flèches. La production reprend à plein régime mais il est trop tard pour contenir l’envolée des tarifs. Ainsi la distillerie Kariuzawa ayant été démantelée, ses alambics perdus, le petit stock restant est vendu aux enchères. Les collectionneurs les achètent, sans notion de prix. Cette pratique a fait augmenter globalement le tarif des whiskies japonais. Le Japon représente à ce jour 5% de la production mondiale.

Le Japon présente de très bonnes caractéristiques géographiques pour la production de whisky, des tourbières de qualité, utilisables car non protégées comme en France, des régions montagneuses avec de l’eau très pure et qualitative et une basse pression idéale pour la distillation.

Ichiro Malt & Grain 46,5%

Ce whisky est produit par la distillerie Chichibu, créée en 2008 par Ichiro Akuto, un embouteilleur indépendant, petit-fils du fondateur de la distillerie Hanyu. La famille a toujours été productrice de saké et de shochu depuis le 17e siècle. Hanyu avait été créée en 1941 pour produire sakés et whiskies, en single malt à une époque où les japonais voulaient uniquement des blend. Elle a arrêté son activité en 2000 et fut démantelée en 2004. Après avoir travaillé dans une brasserie de saké et chez Suntory, Ichiro a créé la société Venture whisky et pu racheter les fûts restants d’Hanyu ainsi que ceux de Kawazaki et de Karuizawa. A ces débuts en 2006, il a eu la chance de faire de essais préalables et d’apprendre le métier chez Karuizawa qui avait été arrêtée en 2000 et remise en route spécialement pour lui…

Il a lancé la gamme Ichiro’s malt contenant des vieux malts d’Hanyu et des jeunes issus de Chichibu. La 1e série ne contenait que des malts d’Hanyu, en attendant que Chichibu ait produit suffisamment. Elle se nommait Hanyu Card Series, les étiquettes étaient des cartes à jouer. Il reste très peu de bouteilles sur le marché, elles sont à des tarifs très élevés et très recherchées par les collectionneurs. Ensuite Ichiro a créé une gamme de 3 pure malts, les Leaf Label, aux étiquettes en forme de feuille, Mizunara Wood Reserve dont l’étiquette est une feuille couleur or, Wine Wood Reserve, feuille rouge et Double Distilleries, feuille verte. Les 2 premiers mettent en avant le type de fût utilisé pour le vieillissement, le 3e met en avant la distillerie Chichibu. Puis il a lancé une gamme de single malts baptisée The First, the Floor Malted et the Peated.

La cuvée Malt&Grain est issue d’un assemblage de whikies de malt provenant d’Hanyu, Karuizawa, Chichibu, Kawazaki ainsi que d’autres distilleries japonaises ainsi que du monde et de whiskies de grain de Kawazaki.

La ville de Chichibu, qui a donné son nom à la distillerie, se situe dans la préfecture de Saitana, au nord-ouest de Tokyo. C’est une région montagneuse, au climat chaud et lourd en été et froid et sec en hiver. Les écarts de température annuel sont importants, de -10 à 35°. La part des anges est de 5% (2% seulement en Ecosse), la maturation est beaucoup plus rapide.

L’orge maltée provient d’Angleterre et un peu d’Allemagne, l’orge maltée tourbée provient exclusivement d’Ecosse. La distillerie commence à utiliser un peu d’orge japonaise qui est maltée sur place, la distillerie possède un kiln (four de séchage). Ichiro veut produire un single malt 100% japonais, qui serait le 1er de l’histoire!

La distillerie comprend des cuves de brassage en inox et des cuves de fermentation de 3000L en chêne mizunara. Le brassage est très léger afin de préserver les arômes fruités. La fermentation est longue, 72h au lieu de 24 à 40h ce qui permet une richesse plus importante. Le mizunara est le chêne japonais, Chichibu fut la 1e distillerie à l’utiliser, suivie par Yamazaki. Ce bois apporte richesse et profondeur mais présente un gros souci d’étanchéité et donc de perte de breuvage en cours de fabrication. Il présente une grande richesse en bactéries, différentes de celles du chêne classique, c’est un bon catalyseur de fermentation. La distillerie a 2 petits alambics de 2000L, les anciens d’Hanyu, qui provenaient d’Ecosse. Le chauffage est indirect, par vapeur, là aussi pour préserver la finesse des arômes. Au Japon, il n’y a pas de cadenas sur le spirit safe (coffre à alcool), cette pratique n’est obligatoire qu’en Ecosse. Ainsi Ichiro, en homme très pointilleux et exigeant, peut déguster à chaque distillation. Le vieillissement peut se faire dans plusieurs types de fûts, sherry, porto, mizunara, bourbon, cerisier, bière, tequila, vins français, rhum, cognac,… en œuf pour les blends,… Ichiro cherche toujours à apprendre, tester, découvrir,… Ainsi les fûts de mizunara venaient d’un tonnelier local qui a décidé de prendre sa retraite. Ichiro lui a demandé de former un de ses employés puis a racheté l’ensemble de son matériel. Aujourd’hui la tonnellerie est installée dans la distillerie. La distillerie compte 20 employés et produit 60 000L/an.

Nez : rond, doux, complexe, riche, fin, notes d’amande, fruits blancs (poire, pomme), abricot, fraise, pâtissier, pointe d’anis

Bouche : fine, douce, fruitée, complexe, attaque avec une pointe pimentée puis douceur, très pâtissier, notes d’amande, vanille, bois

Finale : douce, fine, un peu huileuse, un peu courte et simple, notes d’amande, vanille

Nikka Coffey Grain 45%

Le groupe Nikka, fondé par Masataka Taketsuru comprend plusieurs distilleries dont celle de Miyagikyo dont est issu ce whisky.

Masataka Taketsuru est né au Japon en 1894. Pour son travail, il part en 1918 en Ecosse. Il apprend beaucoup sur le whisky et rencontre Rita, sa future femme. Il revient au Japon et va construire pour Suntory la 1e distillerie japonaise de whisky, Yamazaki en 1923. En 1934, il quitte Suntory et créé sa propre distillerie, Yoichi à Hakkaido. L’entreprise porte le nom de DaiNipponKaju, simplifiée ensuite en Nikka. En 1969, il fonde Miyagikyo à Sendai.

Cette cuvée a été réalisée grâce à un alambic spécifique appelé Coffey Still ou patent still ou continuous still. Il a été créé en 1830 par Aeneas Coffey, un ancien inspecteur des douanes irlandais. Il s’agit d’un alambic à 2 colonnes permettant une production e whisky plus rapide et plus économique. Les distillats obtenus sont souvent considérés comme moins qualitatifs cependant ils contiennent des arômes plus fruités et plus légers qui peuvent être très agréables. Cet alambic est beaucoup utilisé pour les whiskies de grains.

Cette cuvée a été réalisée à la demande de la Maison du Whisky afin de pallier au manque permanent de single cask japonais et pour proposer un breuvage plus accessible financièrement et gustativement. Ce whisky fut d’abord produit en version limitée et millésimée puis, devant son succès, en édition permanente. Il a obtenu la médaille du Best Japanese Grain Whisky en 2013.

Nez : fin, délicat, élégant, notes florales avant l’aération puis notes de pomme cuite, cardamome, poivre blanc, crème d’amande, mangue, herbe fraîche, bâton de réglisse, bois grillé, pointe de vanille

Bouche : fraîche, douce, délicate, notes de poivre blanc, herbe fraîche, bois grillé, bâton de réglisse, pointe de vanille

Finale : grasse, fine, longue, notes de poivre blanc et de vanille

Yamazaki 12 ans 43%

Ce whisky tire son nom de la vallée où est installée la distillerie. Elle se situe entre Osaka et Kyoto, aux confluent de 3 rivières, ce qui apporte beaucoup de brume et donc d’humidité ains qu’un climat tempéré. L’eau est très pure car provenant des monatgnes voisines.

Yamazaki fut créée en 1923 par Shinjiro Torii, le fondateur du groupe Suntory et son bras droit, Masataka Taketsuru, le futur fondateur de Nikka. Elle est la plus ancienne du Japon et la plus populaire.

En 1929, elle produit son premier whisky qui n’est pas apprécié par les japonais car plus léger que ceux écossais. En 1937 le succès arrive grâce à la cuvée Kakubin, plus structurée. Entre 1940 et 1950, l’offre s’élargit. En 1961, Keizo Saji, le fils de Torii, devient le 2e président de Suntory. Il va pratiquer une politique plus agressive en réalisant de nombreux investissements et innovations. Il construit notamment les distilleries Hakushu et Chita en 1970. En 1984 il lance une gamme de single malt dont fera partie Yamazaki 18 ans en 1991, qui obtient la 1e médaille d’or mondiale qui va faire découvrir les whiskies japonais et provoquer le début de la forte demande pour ces produits. En 2013, la distillerie est de nouveau agrandie, 4 nouveaux alambics sont installées et porte le nombre total à 12.

La distillerie utilise 6 orges maltés différents, en fonction des cuvées à produire. La tourbe provient d’Ecosse. Plusieurs cuvées, dont les single casks, sont vieillis en fûts de mizunara pour apporter finesse et délicatesse d’arômes.

Nez : très expressif, riche, fermé au départ, demande un peu d’aération, notes de poire très mûres, griotte, fruits jaunes, fruits secs (abricot), tarte tatin, anis

Bouche : riche, intense, fraîche, notes de poire très mûre, fruits secs, tarte tatin

Finale : ronde, longue, riche, notes de fruits secs, tarte tatin